LES EXPLOITES DE LA FONCTION PUBLIQUE : LES CONTRACTUELS

LES EXPLOITES DE LA FONCTION PUBLIQUE : LES CONTRACTUELS

CONTRACTUELS

Compte rendu de l’audience du lundi 16 Décembre 2019



A Erik Satie, compositeur dont le génie visionnaire et précocement surréaliste ne cesse de se vérifier, encore aujourd’hui...


Crédit : CC0 Domaine public


Chez le docteur

Le 16 décembre 2019, le SNALC était reçu au rectorat de Strasbourg par la DPE, le DRH et le secrétaire général, sans madame la Rectrice. Lors de cette rencontre fut évoquée, entre autres sujets, la scandaleuse situation des contractuels dans l’académie de Strasbourg.


Vexations

La rencontre débuta par la « lettre du contractuel anonyme » où l’un de nos collègues, le 4 décembre dernier, fit part au SNALC de son exaspération : surcharge de travail, HSA, prise en compte aléatoire de son expérience professionnelle pour concourir au CAPES, exigences de l’institution semblables à celles des titulaires pour un statut particulièrement désavantageux… Mêmes missions mais différence de traitement : voici comment agit l’État républicain à l’égard de ses serviteurs. Dans ces situations, le rectorat recommande de lui joindre les documents administratifs nécessaires à l’examen de chaque situation.

En décembre dernier, le SNALC a lancé une enquête auprès des personnels contractuels :
- 54 % d’entre eux se plaignent de retard de paiement
- 31 % de la non prise en compte de leurs expériences professionnelles au sein de l’Union Européenne
- 34 % rencontraient encore des problèmes dans l’obtention de la déclaration de l’employeur pour l’indemnisation par Pôle Emploi.


Danse de travers

En septembre dernier, une réunion intersyndicale avait eu lieu au rectorat suite à l’implosion du bureau du remplacement, non pas à cause du manque de professionnalisme des gestionnaires, mais du sous-effectif doublé d’un trop grand renouvellement dans le service. Cet appareil administratif bien complexe s’était alors effondré sur lui-même face à la charge de travail trop importante qui n’avait pas pu être anticipée.

Ainsi, dans le plus grand irrespect des lois et de la dignité humaine, les contractuels, notamment les enseignants attendant impatiemment des postes, ne pouvaient être ni indemnisés par Pôle Emploi (faute de déclaration de l’employeur, impossibles à obtenir) ni se remettre au travail faute de gestionnaire disponible. Dès lors, il avait été convenu d’une éventuelle compensation financière à verser aux personnes lésées. Déjà le SNALC s’interrogeait sur la légalité de son éventuelle mise en œuvre : cela aurait dû faire l’objet d’un texte réglementaire… Au vu de l’indifférence et du cynisme du gouvernement à l'égard du corps enseignant, une telle mesure semble utopique, surtout envers les personnels précaires, les contractuels exploités de la fonction publique.


Messe des pauvres

Cet espoir d’indemnisation s’est bel et bien envolé. Assurant de ne pas se satisfaire de cette situation (le contraire nous aurait tout de même surpris), l’institution a cependant confirmé au SNALC que qu'il n'y aurait pas de compensation. De ce fait, les personnels lésés se font triplement berner :
- Premièrement : ils subissent des retards illégaux et inadmissibles dans la perception des indemnisations (certains même se faisant radier de Pôle-Emploi),
- Deuxièmement : dans les difficultés matérielles que l’on connaît, ils n’ont évidemment pas eu les moyens d’aller vers un avocat pour un éventuel recours auprès du tribunal administratif,
- Troisièmement : dans cette situation de pagaille administrative, poursuivre leurs missions était impossible.

Il est évident qu'au plus haut rang de l’institution, l'autorité hiérarchique jouit d’une totale impunité. « Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent », disent souvent les personnalités politiques.


Parade

Que nos collègues se rassurent, tout n’est pas si désespéré pendant cette période. L’on a tout de même téléphoné aux banques afin de leur suggérer d’incarner une autorité bienveillante à l’égard de nos collègues malchanceux...

Les effectif de la DPE 3 (bureau du remplacement) seraient stabilisés pour trois ans, durée d’affectation d’un gestionnaire… Information à mettre au conditionnel car nul ne peut les y retenir en cas de demande de mutation ou de démission. Là encore, le SNALC s’interroge.


Sonatine bureaucratique

Lors de cette rencontre furent également évoquées les conditions pour le moins baroques de l’attribution des suppléances : des classes sans professeurs, des professeurs sans classe, des chefs d’établissement confrontés à l’exaspération des familles… Dorénavant, tout positionnement sur n’importe quel poste doit être obligatoirement soumis à l’assentiment de l’inspection ; fonctionnement indépendant de la volonté de nos interlocuteurs du jour.

Le SNALC comprend l’indiscutable nécessité de mobiliser des enseignants compétents, mais cette procédure inédite a pour effet pervers de paralyser davantage le bureau du remplacement ; surtout que cela s’applique également aux contractuels les plus expérimentés à qui l’institution fait confiance depuis des années !

Le temps que l’on puisse traiter les dossiers en souffrance, les postes à pourvoir peuvent rester vacants plusieurs semaines. Le SNALC partage également la colère des parents d’élèves face à cette discontinuité du service public et s’indigne de ce gaspillage d’argent public : des professeurs laissés au chômage (et donc à la charge de l’État) au lieu de pouvoir faire leur métier.

De plus, qu’en est-il de l’accessibilité aux dispositifs de CDIsation si les périodes de carence s’accumulent ? Ne serait-ce pas aux contractuels les plus anciens d’être prioritairement mobilisés (conformément à la loi) ? Ou est-il encore question de faire des économies de bouts de chandelle ?

Ainsi, le SNALC appelle les inspectrices et inspecteurs à prendre leurs responsabilités et veiller à s’assurer de la bonne continuité du service public, œuvrant ainsi pour l’intérêt général : l’école républicaine, l’égalité des chances de réussir pour chaque élève et l’emploi des professeurs en souffrance.


Tendresse

La revalorisation des contractuels prévue en CTA aura bel et bien lieu ; cela a d’ailleurs commencé. Mais sans logiciels informatiques adaptés, pour le moment, tout se fait manuellement… et donc lentement. Nos interlocuteurs nous ont assuré encore une fois de leur meilleure volonté et de leur désir que cela se fasse le plus rapidement possible. Evidemment, il y aura perception des arriérés.
Sur ce point-là encore, chers adhérents et sympathisants, vous pouvez compter sur la mobilisation du SNALC.
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