L’IMPOSSIBLE DISTANCE : LES AESH-AVS FACE AU RISQUE EPIDEMIQUE

L’IMPOSSIBLE DISTANCE : LES AESH-AVS FACE AU RISQUE EPIDEMIQUE

L’IMPOSSIBLE DISTANCE : LES AESH-AVS FACE AU RISQUE EPIDEMIQUE


Par Francisco Javier López Falcón, membre du bureau de Strasbourg



Crédit : © Domaine public



L’annonce d’une sortie progressive du confinement à partir du 15 mai soulève de nombreuses questions et des craintes, quant au risque sanitaire encouru par les personnels et par les élèves.

Les modalités pratiques du déconfinement sont loin d’être définies. Le ministre, monsieur Blanquer, a apporté quelques éléments de réponse lors de son intervention auprès de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation le 21 avril. Il a évoqué trois grands principes : respect du protocole sanitaire, petits groupes, personnalisation.

Pour le SNALC, la priorité, c’est la question sanitaire et la sécurité des personnels, des élèves, des parents et de leurs proches. Cela a été clairement transmis à monsieur Blanquer lors de la visioconférence du 16 avril dernier. Cela a également été rappelé à la rectrice, madame Laporte, lors de la visioconférence du 20 avril. A cette occasion, le SNALC a souligné le risque majeur que la réouverture ferait courir aux personnels AESH-AVS, dont la nature même de leurs fonctions rend très difficile voire impossible l’application des mesures de sécurité sanitaire.

Il suffit de s’intéresser aux missions des AESH, telles que décrites dans la circulaire n°2017-084 du 3 mai 2017, pour s’apercevoir que celles-ci seront difficilement compatibles avec les gestes barrières et la distanciation nécessaires pour diminuer le risque de contagion :

- Aider aux actes essentiels de la vie : « Assurer le lever et le coucher ; aider à l'habillage et au déshabillage ; aider à la toilette et aux soins d'hygiène de façon générale. »

- Favoriser la mobilité : « Permettre et faciliter les déplacements de l'élève dans l'établissement ou à l'extérieur ainsi que les transferts (par exemple, du fauteuil roulant à la chaise dans la classe). »

- Accompagnement des élèves dans l'accès aux activités d'apprentissage : « Faciliter l'expression de l'élève, l'aider à communiquer ; assister l'élève dans l'activité d'écriture et la prise de notes, quel que soit le support utilisé. »

C’est un métier exigeant et indispensable pour l’accès à l’éducation des élèves les plus fragiles. Malheureusement, les conditions de travail des personnels AESH-AVS ne sont pas à la hauteur des responsabilités qu’ils assument : faible rémunération, manque de reconnaissance, absence de statut et de perspectives de carrière. Le SNALC continuera d’interpeller le ministère pour que des meilleures conditions leur soient proposées.

La réouverture des établissements scolaires peut s’avérer une opération extrêmement risquée pour les personnels AESH-AVS et pour les élèves qu’ils accompagnent. Il faut que cette question soit étudiée avec le plus grand sérieux et que des réponses adaptées y soient apportées.

Le SNALC continue d’exiger un avis écrit du conseil scientifique français, à partir de la situation en France, pour justifier la réouverture et ses modalités. Ce serait une erreur impardonnable que les plus fragiles des élèves et les plus précaires de nos collègues prennent le chemin de retour à l’école, alors que les modalités choisies ne sauraient pas garantir leur sécurité.
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